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 Archives : histoire du Stade Français Paris

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MessageSujet: Archives : histoire du Stade Français Paris   Sam 22 Fév - 15:41

Les origines




Le Stade français est une institution sportive fondée en
1883 (ou 1887, selon les sources) par des élèves du lycée Saint-Louis,
boulevard Saint-Michel à Paris.


Lycée Saint Louis en 1900

Il s'agit alors de faire du sport, notamment de
la course à pied, mais rapidement, certains lycéens s'intéressent à ce « rugby
football » pratiqué par des étudiants britanniques de Paris, et qui devient la
discipline phare du club. Évidemment vu ses conditions de création, le Stade «
français » n'est, à ses débuts, pas un club populaire
. En effet, les lycées ont
alors un recrutement fortement bourgeois et surtout aristocratique, comme le
montrent les compositions d'équipes de l'époque (sept joueurs portant un nom à
particule jouent la première finale du championnat, 4 côté Racing club de
France, 3 côté Stade français), ce qui explique sans doute en partie cet
engouement pour une discipline pratiquée par les Britanniques de la bonne
société qu'il était de bon ton d'imiter alors. Georges Pastre, historien du Rugby, attribue aussi
cet intérêt des jeunes lycéens au fait que le rugby « leur parut bientôt le
plus intellectuel de tous les sports ».



Pour décrire cet esprit voir l'article écrit par Louis Dedet en annexe de l'article : "l'esprit de club, raison d'être du rugby".


Les premières rencontres se font contre ces Britanniques de
Paris, et ce seraient eux qui auraient accolé l'adjectif « français » au nom de
« Stade », choisi par les étudiants en hommage aux athlètes de l'antiquité.
Le
Stade recrute même plusieurs Britanniques, dont Curthney Heywood, professeur au lycée
Buffon et demi d'ouverture, qui sera le capitaine de l'équipe vaincue par le
Racing club de France lors de la première finale de 1892.



Le Stade est le premier club français à participer seul à un
match de rugby international en 1892  face à Rosslyn Park, à Levallois.

Stade Français - Rosslyn Park, « L’Illustration » - avril 1892 gravure



Avril 1892



Le 26 mars
1894, le Stade français retrouve cette équipe de Rosslyn Park à
Bécon-les-Bruyères, pour une première victoire hexagonale face à une équipe non
française, sur le score de 9 à 8. Le capitaine est alors Louis Dedet.

Louis Dedet - Wikipédia


Faute de photos, voici le reportage paru dans la presse hebdomadaire de l'époque ("l'Univers Illustré" 31 mars 1894)

Ce 26 mars 1894 donc, sur la pelouse de Bécon Les Bruyères, le Stade
Français battait Rosslyn Park par 9 à 8 grâce à deux essais de Henri
Amand, et la foule pouvait porter le capitaine Louis Dedet en
triomphe...

ponyo a écrit:
Petite contribution :

Tu parles de Roselyn Park,
il faut noter que ce fut le premier club britannique à traverser le
Channel pour venir jouer un match en France... tradition que nous
perpétuons aujourd'hui avec les groupes 99-2000 de l'EdR.

Après nos 2 larges victoires du printemps dernier nous préparons notre déplacement de 2012 chez l'Anglois.



Sur cette photo tirée d'un journal Londonien, l'équipe pose lors d'une
tournée en février 1899 à Dublin où le Stade affronte l'Université de
Dublin (défaite 9-0), quelques jours avant d'aller jouer les fameux
Barbarians (défaite 33-0... !!)





Palmarès championnat de France de football-rugby 1892-1914

Entre 1893 et 1908, les Stadistes sont huit fois champions
de France
.

Le tableau ci-après donne le palmarès du championnat de France depuis
sa création en 1892 jusqu'à son interruption en 1914. On accède à
l'article qui traite d'une saison particulière en cliquant sur le score
de la finale.



DateVainqueurScoreFinalisteLieuSpectateurs
20 mars 1892Racing club de France4-3Stade français ParisBagatelle, Paris112 000
19 mai 1893Stade français Paris7-3Racing club de FranceBécon-les-Bruyères1 200
18 mars 1894Stade français Paris18-0Inter-NosBécon-les-Bruyères1 500
17 mars 1895Stade français Paris16-0OlympiqueVélodrome, Courbevoie...
5 avril 1896Olympique12-0Stade français ParisVélodrome, Courbevoie...
1897Stade français ParisNote 6Olympique......
1898Stade français ParisNote 7Racing club de France......
30 avril 1899Stade bordelais5-3Stade français ParisStade Sainte-Germaine, Le Bouscat Note 83 000
22 avril 1900Racing club de France37-3Stade bordelaisLevallois-Perret1 500
31 mars 1901Stade français Paris0-3 Note 9Stade bordelaisStade Sainte-Germaine, Le Bouscat...
23 mars 1902Racing club de France6-0Stade bordelaisParc des Princes, Paris1 000
26 avril 1903Stade français Paris16-8SOE ToulousePrairie des Filtres, Toulouse5 000
27 mars 1904Stade bordelais3-0Stade français ParisLa Faisanderie, Saint-Cloud2 000
16 avril 1905Stade bordelais12-3Stade français ParisStade Sainte-Germaine, Le Bouscat6 000
8 avril 1906Stade bordelais9-0Stade français ParisParc des Princes, Paris4 000
24 mars 1907Stade bordelais14-3Stade français ParisStade Sainte-Germaine, Le Bouscat12 000
5 avril 1908Stade français Paris16-3Stade bordelaisStade Yves-du-Manoir, Colombes10 000
4 avril 1909Stade bordelais17-0Stade toulousainStade des Ponts Jumeaux, Toulouse15 000
17 avril 1910FC Lyon13-8Stade bordelaisParc des Princes, Paris8 000
8 avril 1911Stade bordelais14-0SCUFStade Sainte-Germaine, Le Bouscat12 000
31 mars 1912Stade toulousain8-6Racing club de FranceStade des Ponts Jumeaux, Toulouse15 000
20 avril 1913Aviron bayonnais31-8SCUFStade Yves-du-Manoir, Colombes20 000
3 mai 1914USA Perpignan8-7Stadoceste tarbaisStade des Ponts Jumeaux, Toulouse15 000
Voir aussi :  www.finalesrugby.com



Gravure représentant la première finale du championnat de
France en 1892.  20 Mars 1892, RCF-SF 4-3, à Bagatelle, Paris




Avant Jean Bouin... avant le Stade de France... le Stade Français s'est
un peu balladé sur les pelouses de l'ouest parisien au gré des terrains
disponibles... Bécon, Levallois, St Cloud mais aussi Courbevoie pour ce
match de 1897 qui vit le SF mettre une rouste aux "nouveaux" du Stade
Bordelais 5 essais à 0, selon l'article de Frantz Reichel qui accompagne
la photo (Le Sport Universel Illustré, 13 novembre 1897)




Un match Stade-Racing en 1903
 
En 1903, le Stade et le Racing combattaient déjà avec acharnement. On
peut se rendre compte, cependant, du peu de rapidité du jeu et de la
différence qui existe avec la méthode actuelle. L’envahissement des
touches par le public est aussi témoin des moeurs disparues



SF 1903

Finale du 16 avril 1905  : Stade Bordelais-SF 12-3
Stade Sainte-Germaine, Le Bouscat





                                                     8 avril 1906 : Stade
bordelais  9-0  Stade français Paris,  Parc des Princes, Paris  4 000 spectateurs
Edouard MIRENOWICZ (le barbu) dispute une touche.











E.MIRENOWICZ couvrit tous les postes d'avants au Stade
Français, jouant les finales (perdues) de 1906 et 1907 (mais pas la
finale gagnée de 1908...). Il fut sélectionné pour
représenter Paris contre Londres en 1912. Le portrait ci dessous est
justement tiré d'une photo de l'équipe première du Stade cette année là.


SF 1903


SF 1908



Le SF contre le SCUF (défaite 6-16), le 9 février 1913




Les observateurs "pointus" remarqueront que le maillot du Stade
Français 1912-14 montrait de larges bandes bleues et rouges du meilleur
effet... en témoigne cette couverture de "La Vie Au Grand Air" de
janvier 1914 où le Parisien n'échappe pas au Bayonnais... ;-)







Le Stade français fournit énormément d’internationaux aux
premières équipes de France. Cinq d’entre eux participent au premier match du
XV de France, disputé le 1er janvier 1906 contre les All Blacks, dont Henri
Amand qui devient le premier capitaine de l’histoire du rugby national. Au
total, plus d’une cinquantaine de Stadistes porteront le maillot de l’équipe de
France.


Henri Amand - Wikipédia









Equipe de France (USFSA) en Angleterre, 1893  DERRIERE :
L.Dorlet (SF), Bellencourt (SF), Louis Dedet (SF), Garcet de Vauresmont
(SF), Frantz Reichel (RCF cap), Sienkiewicz (RCF), J.S. Thorndike
(RCF), C. d’Este (RCF).



AU MILIEU : Saint-Chaffray (SF), F.Wiet (RCF), Henri Amand (SF), Ellenberger (SF).


DEVANT : A.de Palissaux (RCF), Georges Duchamps (RCF), Gustave Duchamps (RCF).



Le 10 août 1960, lors de la troisième tournée de l'équipe de
France en Amérique du Sud, le club joue un match amical pour la première fois
face à une sélection nationale (France A) à Santiago du Chili, qu'il perd 6 à
55.





Le club dispute bien la finale du championnat 1927, mais il devra
attendre 90 ans avant de renouer avec le titre national. Le club tombe une
première fois en Deuxième Division en 1947, remonte immédiatement, mais pour la
seule saison 1948-1949 qui se solde par un match nul, neuf défaites et aucune
victoire. Il évolue ensuite en deuxième et troisième divisions jusqu'au début
des années 1990.






Sources

Championnat de France de rugby à XV - Wikipédia

Stade français Paris rugby - Wikipédia


http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/rugbymen-grande-guerre-sujet_10706_8.htm

http://www.stade.fr/forum/showthread.php?t=28623

www.finalesrugby.com

http://www.aslagnyrugby.net/Le-rugby-Quelle-Histoire.html

http://www.aslagnyrugby.net/1914-L-esprit-de-club-raison-d.html



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ANNEXES




Rugby, Paris v Toulouse, ça fait 107 ans…







La Vie au grand air du 26 janvier 1902 :
« Pour la première fois, nous avons vu à Paris, le dimanche 12
janvier, une équipe toulousaine se mesurer contre une équipe parisienne.
C’est sur le terrain excellent de la piste municipale au Bois de
Vincennes – le meilleur certainement de tous les terrains parisiens -,
que se sont rencontrés le Stade olympien des Etudiants de Toulouse
(futur TOEC), et le Sporting Club Amateurs (futur SCUF). Notons tout de
suite que le match s’est terminé par la victoire des Parisiens par 9
points à 3. (….)  Les progrès des clubs du Midi ont été si remarqués que
les clubs parisiens songent à multiplier leurs rencontres avec eux,
soit à Paris, soit à Toulouse ou à Bordeaux. Ces rencontres sont à
souhaiter, car c’est grâce à elles qu’un jour, qui n’est pas si éloigné
que les Parisiens le croient, nous verrons gagner le championnat de
France par nos amis bordelais ou toulousains.

Le seul obstacle que l’on peut voir à ces rencontre, ce sont les frais.
En effet, les dépenses d’un déplacement de Toulouse ou de Bordeaux à
Paris ou réciproquement d’un team de quinze hommes sont considérables.
Quoique les deux clubs aient coutume de les partager, elles pèsent
lourdement sur les caisses. (…) Souhaitons que le conseil municipal
prenne en considération la pétition des sociétés qui sollicitent
l’autorisation de faire payer aux spectateurs une modique redevance ! »
Paul Champ.


L'année suivante, la finale du championnat se déroulait à Toulouse
entre le SOET et le Stade Français. L'histoire d'amour entre le rugby et
la ville rose débutait.





Le Stade Toulousain en 1903
http://contre-pied.blog.lemonde.fr/2009/03/30/dans-ma-collec-17-rugby-paris-v-toulouse-ca-fait-107-ans/



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1914 - L’esprit de club, raison d’être du rugby



Un article de Louis Dedet qui fut capitaine du Stade français de 1893 à 1905.

L’esprit de club, raison d’être du rugby


« La Vie au Grand Air » - février 1914

par Louis Dedet [1].


Ceux qui voient se presser autour de nos pelouses actuelles une foule
vibrante de trente-cinq mille personnes, passionnées, fidèles et rien
moins que profanes, ne peuvent, même avec le plus grand effort,
s’imaginer les déserts où s’agitèrent nos premiers enthousiasmes et se
fit notre apprentissage.



Mais ce qui est le plus étonnant encore que la conquête du public,
c’est la prise de possession du jeu lui-même par l’armée de footballeurs
répandue dans la France entière. Ceux d’aujourd’hui ne pourront jamais,
fussent-ils d’une verve imaginative toute méridionale, réaliser de
façon adéquate les premiers pas, les premiers gestes ni par conséquent
les progrès accomplis.

Que de critiques à courte vue - où à court de copie - se lamentent
de nos défaites internationales et clament leur désespoir. Qu’ils
déclarent toute chance perdue de jamais nous voir sur un pied d’égalité
avec nos rivaux d’outre-Manche ; qu’ils demandent qu’on abandonne toute
lutte, cela prouve seulement ou qu’ils sont nés d’hier, ou qu’ils ont la
plus déplorable des mémoires.



Car, voyez-vous, pour en arriver où nous sommes (et personne mieux
que moi ne mesure toute la longueur du chemin encore à parcourir), il
nous a fallu, étape par étape, retrouver, réinventer le rugby.
Ne croyez pas que quelqu’un soit venu apporter parmi nous, un beau
jour, la bonne parole, codifiée avec précision dans un enseignement
méthodique. Joueurs de la génération actuelle, à qui les anciens
déversent, aidés de professionnels grassement payés, les conseils les
plus minutieux et les exemples les plus démonstratifs, ne croyez pas que
nous ayons eu, nous aussi, nos maitres, venus juste à point pour nous
révéler les beautés du jeu et nous assouplir à ses finesses. Le premier
grand maitre du rugby en France, M. Heywood,
fut (horresco referens) un joueur d’association ! Nous devinâmes, comme
nous pouvions le faire, d’après les livres, d’après les comptes rendus
de journaux anglais, l’essentiel de la tactique. Et l’on peut citer les
inventeurs, presque les dates d’invention, des différents coups -
aujourd’hui de pratique courante, - comme on signale les divers
perfectionnements de la machine à vapeur ou du télégraphe. Les frères
Candamo, du Racing, introduisirent le passer-ballon, décrié d’abord
comme une lâcheté et un abandon. Giroux, du Stade, découvrit un beau
jour le charme reposant et l’utilité du coup de pied en touche.
Moi-même, j’ai appris par une gifle retentissante qu’il valait mieux
arrêter bas. Nous découvrîmes aussi, comme des régions inconnues,
mystérieuses et suaves dans leur nouveauté, la mêlée, l’art de talonner
et l’utilité de marquer les adversaires à la touche. Chaque progrès fut
une vraie conquête et due nommément à l’un ou à l’autre des quelques
quarante joueurs qui deux fois par semaine, s’ébattaient pèle-mêle,
toujours les mêmes, sur une pelouse exiguë du Bois de Boulogne.

Il fallut les premières rencontres internationales pour nous
faciliter la tâche d’apprendre. Mais, là encore, nos maitres ne furent
pas tout de suite de premier choix. D’ailleurs, même un « Manningham »,
qui, dès 1893, nous donnait une vraie démonstration du jeu le plus beau,
le plus typique, avait en nous des élèves trop neufs pour profiter
d’une telle maîtrise. Nos voisins les Anglais apprennent à jouer dès le
berceau. Fils de footballeurs, ils entendent et voient en
« footballers » dès qu’ils peuvent comprendre et distinguer. Les
conversations autour d’eux sont plus souvent de rugby
que de littérature, de Poulton ou de Bancroft que de Shakespeare, de
Keats ou de Shelley. Nous, nous n’avions pas encore La Vie au Grand Air
et ses savantes chroniques ! Le monde ne parlait qu’assez peu de nos
exploits, et nos préoccupations correspondaient mal à celles de la
majorité de nos contemporains. Joignez à cela le petit nombre des
pratiquants, le choix très restreint d’athlètes. Vraiment, il est
inconcevable et miraculeux que nous ayons si vite conquis le pays
français, quand on songe à l’exiguïté de nos moyens d’action initiale.
Et l’on est bien mal fondé, se souvenant d’hier, à ne pas mettre tout
espoir en demain.




D’autant que l’évolution du jeu et de la tactique s’est faite
entièrement dans le sens de nos qualités françaises individuelles. Nos
maitres de 1892 et 1893 eux-mêmes avaient beaucoup à apprendre. Ceux de
cette époque qui se souviennent des Bieber et des Todd, géants au jeu
effectif et lent, se peuvent rendre compte que le jeu d’aujourd’hui
ressemble à celui d’alors comme le sautillement aisé d’une gazelle
ressemble à la puissante, mais lourde, démarche de l’ours polaire !

Peut-être même est-on allé trop loin dans le sens de la rapidité un
peu désordonnée et aventurée. Nos lentes, compassées, mais judicieuses
et progressives évolutions, risquaient moins que les folles et
endiablées attaques actuelles ; mais elles conduisaient à une victoire
sûre par une marge modeste, suffisante, cependant, de quelques points.
Je doute qu’elles eussent passionné le grand public. Mais le grand
public était bien la chose dont nous nous préoccupions le moins et nous
jouions simplement, en vrais amateurs, pour nous, et pour la joie
d’échanger, entre amis, quelques aménités parlantes et agissantes. Je ne
me rappelle pas avoir jamais éprouvé les fantastiques et déconcertants
résultats qu’on enregistre actuellement : des équipes qui dominent
durant une mi-temps et marquent des vingtaines de points, pour se
transformer subitement en déplorables écumoirs et être finalement
battues d’une dizaine d’essais. Nous en aurions péri, nous, de courte
honte. Et on aurait laissé là, je crois, de dépit, ballon et maillots,
nous jugeant définitivement bons pour le rebut, et tout voisins du
déshonneur !

Comme il était naturel, le grand public a façonné le jeu comme il le lui fallait. Au fond, même en Angleterre, le rugby
a envié à l’Association son succès de spectacle et ses grandes foules,
dues à la vivacité d’une partie qui ne peut ni s’arrêter ni même se
ralentir. Autrefois, on jouait le rugby
pour lui-même. Peu importaient les interminables mêlées, fastidieuses
pour la galerie. Les joueurs y éprouvaient toute les joies désirées de
la lutte corps à corps, de la lutte douloureuse, virile, triomphante.
Maintenant, on joue pour plaire, la virtuosité a remplacé la dévotion.
Or, les « New-Zelanders », les fameux et incomparables « All Blacks »,
sont justement venus montrer au monde du rugby,
étonné et conquis, leur prestigieuse et triomphante virtuosité, au
moment où chacun, spectateurs et joueurs, ressentait la lassitude des
spectacles monotones et des tactiques toujours les mêmes. Dès lors, la
foule était conquise et la nouvelle tactique régnait : le rugby pouvait, comme sa soeur l’association, devenir un spectacle et cesser d’être un rite.

Ce n’est pas faire une injustice aux joueurs français, et
spécialement aux joueurs du midi de la France, de dire qu’ils étaient
spécialement adaptés à ce rugby-spectacle, rugby
à pétarades, à fusées et, comme on a dit, « feu d’artifice ». Jouer
comme on officie ne répond pas à beaucoup de natures et nos tempéraments
français sont moins portés aux rites compassés qu’aux manifestations de
virtuosité et d’éclat.

Il n’est donc pas étonnant que nous ayons, en France, adopté et comme consacré le rugby
actuel, dans ce qu’il a de plus mousseux, de plus prestigieux, mais
aussi de moins sûr et de moins solide. Nous avons nettement exagéré ce
qu’il avait déjà de très aventureux chez les Zélandais ; mais nous
n’avons ni leurs qualités ni leur merveilleux entraînement pour empêcher
que l’aventure ne devienne mésaventure ! Ne nous étonnons donc pas, non
plus, si nous frisons souvent une victoire, muée brusquement en amère
défaite ; si nous sommes mis en cruelle difficulté, au moment même où
nous nous croyions menaçants. Ce sera encore bien des années ainsi. Et
je ne crois guère que nous ayons beaucoup de chance d’en revenir à une
méthode, à une tactique plus pondérée, moins brillante, mais moins
dangereuse aussi. Il faut aller dans le sens de son tempérament.

Cependant, ne peut-on vraiment rien pour précipiter et aussi diriger
les progrès du football français ? Sa vingt-cinquième année, qui marque
sa grande majorité, doit-elle l’émanciper au point qu’il n’y ait plus
qu’à être spectateur de son activité, sans espoir de la régler ?




Non pas ! Et je crois que la méthode des bras croisés serait peu
recommandable. Or, susciter de grandes rencontres, battre le rappel des
foules, c’est bien. Mais cela devrait constituer un couronnement. Ce
n’est pas parce que cinquante mille spectateurs viendront voir jouer
l’équipe de France que la tactique de cette équipe sera supérieure ou
ses progrès indéniables. Mais, parce que nous savons que maintenant tout
un peuple de fidèles suit nos équipes, nous devrions avoir à cœur
qu’elles fussent les plus dignes de leurs admirateurs et les plus
parfaites.

Or, j’ai peur que nous ne soyons légèrement endormis dans la routine en ce qui concerne l’organisation sportive du rugby
en France. Je vois toujours, par exemple, le même championnat de France
par clubs qui occupait nos pensées et nos efforts en 1892. Seulement,
en 1892, il avait deux concurrents et tous deux parisiens. De la sorte,
l’affaire était vite réglée, en un seul match, et nous pouvions penser à
autre chose durant une partie de la saison : par exemple, à faire des
progrès, ou à former des joueurs, ou à recruter quelques nouveaux
éléments, à faire du sport enfin. Maintenant et depuis bon nombre
d’années déjà, depuis surtout que l’on a, contrairement à mon avis,
doublé les rencontres de championnat d’un match retour, on est absorbé
pendant six mois sur six par la préoccupation de jouer chaque dimanche
une partie décisive, d’où dépendent toute la gloire du club et tout
l’espoir du championnat. Alors, c’est une ruée éperdue vers les joueurs
disponibles, une recherche fiévreuse de  l’équipier douteux, un
replâtrage de hasard après les matches à accident ; et, sur le terrain,
la plus déplorable, la plus anti-sportive, la plus discourtoise des
rencontres : la partie de championnat dans toute son horreur. Il est
vrai que, au bout de six mois de cet exercice, selon le hasard des
accidents et des indisponibilités, finissent par se trouver opposées des
équipes qui ont dû, surtout et avant tout, couvrir quelques centaines
de kilomètres et qui auront à se rencontrer des deux extrémités du
territoire ! Glorieuse incertitude du sport ! pendant ce temps-là, les
jeunes joueurs, les éléments de demain, les équipes en formation sont
sacrifiés à une sorte de cuisine mystérieuse, souvent malpropre, d’où
sort, comme elle le peut, l’Équipe.

Eh bien ! je dis que tant que nous procéderons ainsi, nous accentuerons les défauts actuels du rugby
français loin de les atténuer, défauts qui sont l’émiettement, le
manque de solidarité, de compréhension réciproque et de discipline. Nous
n’aurons jamais une Équipe de France, mais des représentants de
l’esprit d’équipe, de la tactique de club, représentants destinés à ne
jamais s’amalgamer, à ne jamais parler que des langues différentes, si
j’ose dire, le jour où on leur demandera de travailler en groupe pour le
pays.

Ou bien il faut renoncer à constituer un « quinze » français, un
football français, une méthode ascendante et progressive du football
français, ou bien il faut abandonner la vieille formule des vives, mais
louches et aigres compétitions locales, de club à club ; à jeter bas
l’organisation vermoulue du championnat tel qu’on le pratique depuis
vingt-cinq ans ; trouver une conception plus large, plus compréhensive,
qui sauve les joueurs, la tactique, le football français tout entier des
mesquines rivalités et des oppositions énervantes où la lutte,
exclusivement de club à club, enferme, chambre, enrobe et étouffe le
joueur et le jeu français. A bas le championnat de France tel qu’il est
compris actuellement !


LOUIS DEDET


Merci à F. Humbert de rugby-pioneers.com d’où sont extraites les images originales (Creative Commons license).


[1] Louis Dedet, grand promoteur du rugby en France... et un peu passé aux oubliettes de l’histoire. A la fin du XIXe
siècle, Louis Dedet est au Stade Français ce que Frantz Reichel est au
Racing Club de France : meneur sur le terrain (il joue deuxième ligne),
organisateur, théoricien (il rédige en 1901 le premier manuel expliquant
la technique et la pratique du rugby et plusieurs articles sur « la méthode Neo-Zélandaise »), il s’implique également dans le rugby scolaire (il est professeur agrégé de philosophie) et l’arbitrage... ce qui lui vaut de tenir le sifflet pour le fameux match inaugural de 1906 contre les All Blacks. Pour l’occasion, Louis Dedet se verra remettre la carte d’international n°3... sans jouer le match...




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STADE JEAN BOUIN




Le stade Jean-Bouin est un stade de 12 000 places, situé dans le 16e
arrondissement de Paris, juste à côté du Parc des Princes. Il a été construit
en 1925, puis rénové en 1970 dans sa configuration actuelle. En 1975, un
gymnase lui est adjoint, et un terrain de hockey sur gazon est construit en
1982. Il dispose de quinze courts de tennis dont dix en terre battue.

















Historiquement stade du CASG Paris devenu le Paris Jean Bouin, club résident
comportant six sections sportives dont la section tennis forte de plusieurs
centaines de membres, le stade Jean-Bouin sert d'enceinte sportive au Stade
français Paris, club de rugby à XV évoluant dans le Top 14. Le stade Jean-Bouin
dispose également d'installations pour pratiquer l'athlétisme et accueillait
notamment le meeting d'athlétisme de Paris jusqu'au début des années 1990.
C'est là que le perchiste ukrainien (soviétique à l'époque) Sergueï Bubka a
porté le record du monde à la marque mythique de 6 mètres, le 13 juillet 1985.





Alexandre François Étienne Jean Bouin (né à Marseille le 21
décembre 1888, mort le 29 septembre 1914 à Xivray dans la Meuse) était un
coureur de fond français.




Jean Bouin fut l'une des plus importantes vedettes du sport
français avant la Grande Guerre. Sa mort au champ d'honneur lui vaut de ne pas
être oublié entre les deux guerres et nombre d'enceintes sportives sont alors
baptisées du nom de « stade Jean-Bouin ». C'est, logiquement, le cas du stade
Jean-Bouin du CASG Paris dont il était membre, mais on peut également citer le
stade Jean-Bouin d'Angers, celui de Marseille, ou la tribune couverte du stade
Vélodrome de Marseille, d'une des tribunes latérales du stade de Gerland de
Lyon, d'une piscine municipale de Nice située au sein d’un palais des sports
Jean-Bouin, parmi nombre d'autres.


Jean Bouin - Wikipédia



Dernière édition par Mora le Sam 22 Fév - 15:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Archives : histoire du Stade Français Paris   Sam 22 Fév - 15:45

Avant la saison 1997-1998




En 1992, le Stade français est repris par Max Guazzini, l’un
des fondateurs de la station de radio NRJ dont il était alors directeur général
des programmes. À la tête d’une des plus grandes fortunes de France, ce
passionné de rugby, originaire du Sud-Est et juriste de formation, décide de
relancer à Paris le rugby de club de haut niveau, qui souffrait des déboires du
Racing club de France.

La prise de pouvoir

Fondateur
de NRJ et alors directeur général des programmes de la station de
radio, Max Guazzini, originaire du Sud-Est de la France et amateur de
ballon ovale, rachète le Stade Français et en prend la présidence. Il
débarque avec l'ambition d'en faire le grand club de rugby que la
Capitale mérite selon lui alors que le Racing club de France, équipe
mythique de la région parisienne, est en plein déclin au début des
années 90. Le Stade Français, lui, végète à l'époque en quatrième
division après avoir connu ses heures de gloire à la fin du XIXeme
siècle et au début du XXeme (huit titres de champion de France entre
1893 et 1908).






1995 : Fusion avec le CASG Paris
Le club est alors en Deuxième Division. Il y injecte de
l’argent, le restructure et en 1995, provoque la fusion de la section rugby du
Stade français avec celle du CASG Paris
(Club Athlétique des Sports Généraux),
alors en groupe B et locataire du Stade Jean-Bouin, site qui reste propriété de
la Mairie de Paris, et organisateur du challenge du même nom pendant ses dernières
années.
Pour
permettre à son club de progresser rapidement, Max Guazzini n'hésite
pas à investir de sa fortune personnelle, l'une des plus importantes de
France. Afin d'accélérer encore le développement du Stade Français, il
signe la fusion de la section rugby avec celle d'un autre club
omnisports, le CASG Paris (Club athlétique des Sports Généraux). Une
nouvelle entité naît sous le nom de Stade Français-CASG et est engagé
dans le groupe B (troisième échelon national), où évoluait le CASG.





Son premier coup de maître est l’engagement comme entraîneur
de Bernard Laporte, qui entraînait alors le Stade bordelais. Avec lui à sa
tête, le club franchit chaque année un échelon : Groupe B en 1995, puis Groupe
A2 en 1996, puis Groupe A1 de première division en 1997.




Dès sa première saison
au plus haut niveau, le Stade français est sacré champion de France à
l’occasion de la première finale disputée au Stade de France, en battant l’USAP
Perpignan en 1998.





Quand il devient président, Max Guazzini sait qu’il faut
faire parler de son club pour qu'il se développe dans une ville aussi anonyme
que Paris, où vit une population sinon peu rugbyphile dans sa majorité (voire
ignorante du rugby), du moins sans club auquel s'attacher. Petit à petit, grâce
à des « coups médiatiques », entourant des performances sportives
exceptionnelles sans lesquelles rien ne serait possible, le club se construit
et s’enracine.


Comprenant que les Parisiens sont difficiles à fidéliser,
Max Guazzini tente d’abord une nouvelle approche tarifaire afin d’attirer le
chaland. En 1996, alors que le Stade évolue dans le groupe A2, il ouvre
gratuitement Jean-Bouin
. 7 000 spectateurs assisteront ainsi à des rencontres
contre Lourdes ou Valence-d’Agen. Par la suite, les femmes pourront entrer sans
payer à certains matchs
. Il affirme à l’époque : « À Paris, aucun club n’a
jamais fait d’entrées. Même quand le Racing était champion de France en titre,
ou en passe de le devenir. Moi, je préfère avoir 7 000 personnes heureuses dans
notre stade que 200 qui rapportent une poignée de francs. C’est une question de
philosophie. » « Nous avons en Île-de-France plus de 20% de la population de
notre rugby et je trouve anormal que les stades soient vides. Ça ne pouvait
plus durer !
».


http://www.ina.fr/sport/autres-sports/video/I00014414/les-droper-s-allez-le-stade.fr.html


1994




Saison 1996/1997

_________________________________________

PARCOURS


Le club franchit chaque année un échelon : Groupe B en 1995, puis Groupe
A2 en 1996, puis Groupe A1 de première division en 1997.


Challenge de l'Essor
1993


Champion de France Groupe B
1996




Stade Aurillacois/Stade Français au stade Marcel Michelin à Clermont Ferrand le 09 juin 1996
http://www.finalesrugby.com/match.asp?idMatch=1085

Composition du SF : 1 Liberatore 2 Baschoffer 3 De Villiers / 4 Vergé 5 Voisin / 6 Welsh 7 JP Cabannes (capitaine) 8 Hairabétian / 9 Laussucq 10 Romeu /
11 Abadie 13 Pain 12 Boudarel 14 Plisson / 15 Sathicq
Remp : Tachdjian, Plauche, Lloberes
essais : Pain, Plisson / transfo : Romeu (2) / Pénalités : Romeu (1), Abadie (2)
http://www.finalesrugby.com/match.asp?idMatch=1085
http://www.finalesrugby.com/match.asp?idMatch=1085


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